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Bétails de min coin

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Un très beau documentaire sur le renard de Franck Vigna : "L'odeur de l'herbe coupée"

18 Février 2015 , Rédigé par Benoit Henrion Publié dans #documentaire, #renard, #Franck Vigna, #L'odeur de l'herbe coupée, #Oise, #arrêté destruction renard, #renards et renardeaux tués

Voici un très beau documentaire de Franck Vigna, réalisateur et cinéaste lorrain, sur le renard.

Comme bien d'autres espèces animales, le renard est classé dans la catégorie dite "nuisible". Mais nuisible pour qui au juste ? Qu'est-ce qui se cache derrière cette appellation?

Le renard, animal emblématique, si décrié, voire haï dans les campagnes. Sans exagérer, on peut parler d'acharnement contre cet animal.

On l'accuse de véhiculer des maladies transmissibles à l'homme et de tuer le gibier, donc d'entrer en concurrence avec les chasseurs. Ce dernier argument est d'ailleurs sujet à caution car la diminution du gibier est largement imputée aux techniques agricoles modernes et à la destruction de l'habitat.

Prédateur opportuniste, le renard sait aussi s'adapter à la chasse implacable dont il fait l'objet. Vous trouverez dans ce film nombre de réponses à toutes ces problématiques.

Près de 10 000 renards sont tués dans chaque département picard tous les ans.

Environ 2500 renards sont tués par tirs de nuit au phare par les lieutenants de louveterie, le reste l'est par piégeage, déterrage ou tir à l'affût toute l'année par les chasseurs.

Un très beau documentaire sur le renard de Franck Vigna : "L'odeur de l'herbe coupée"

Exemple de "régulation" : un couple de naturalistes observaient un terrier de renards. Des piégeurs leur ont déposé cette offrande devant la porte de leur maison un beau matin.

Voici le lien vers le reportage de France3 Picardie sur l'arrêté de destruction du renard signé dans l'Oise du 10 février au 30 avril 2015.

Les arrêtés de destruction sont reconduits chaque année par les préfectures départementales.

La raison principale retenue par les services d' l'Etat est l'endiguement du risque de zoonose (infections du monde animal vertébré transmissible à l'homme et vice-versa). Les renards véhiculent entre autres la gale, la rage (quasi disparue) et l'échinococcose alvéolaire, une maladie mortelle. Or la plupart des humains atteints de cette maladie semblent avoir été contaminés selon certaines études scientifiques par des chiens ou chats domestiques qui, comme le renard, peuvent ingérer des rongeurs porteurs de cette maladie.

Si certains chasseurs piègent encore illégalement les chats sauvages, personne ne prétend réguler ou détruire les chats domestiques ou les chiens en milieu rural. Et que dire des chiens de chasse...

Plus les renards sont tués, plus il en vient. Les détruire aurait l'effet inverse souhaité, à savoir la propagation des animaux malades. En effet, la nature ayant horreur du vide, tout territoire abandonné par des renards tués est immédiatement réinvesti par d'autres renards venant de plus loin. Les zones avec des animaux infectés sont amenées à s'étendre à cause de la destruction.

Honni par les chasseurs, le renard arrive à survivre car il est méfiant et malin. L'homme a détruit ses prédateurs naturels (loup et lynx). Les chasseurs prétendent maintenant le réguler comme prétexte à le tirer. De fait, le renard est tiré dès qu'il est aperçu. Il ne doit sa survie qu'à sa grande malice.

Tout ce qui est susceptible d'entrer en concurrence avec les chasseurs peut subir le même sort : exemple avec les rapaces diurnes ou nocturnes encore trop souvent tirés bien que protégés par la loi.

Les mentalités ont du mal à évoluer. Peut-être que ce remarquable film saura faire vaciller quelques certitudes ancrées depuis des générations...

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