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Bétails de min coin

Quelque part dans le nord de la France (faucon pèlerin)

20 Juin 2010 , Rédigé par Benoit Henrion Publié dans #nord de la France

 

Quelque part en France, à l'aube. De jeunes faucons pèlerins attendent le lever du jour et même les premiers rayons du soleil pour pointer le bout de leur bec. 

  

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C'est l'occasion de s'exercer avant le premier envol qui s'annonce imminent. Le plumage est presque celui d'un adulte. Il ne reste que quelques traces du duvet des premiers mois de vie.

 

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Jusqu'à présent, les parents apportaient sur la corniche les proies pour leurs jeunes, comme en témoignent ces larges plumées. Dorénavant, ils laissent des proies sur les rochers alentours pour obliger leurs jeunes à quitter l'aire.

 

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Les jeunes faucons pèlerins ont le vide qui s'ouvrent devant eux mais il sont armés mieux que quiconque pour s'y abandonner.

 

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Pour l'instant, leur instinct d'implacable chasseur attire leur regard vers les nombreuses hirondelles qui les frôlent, sûrement elles-mêmes attirées par les mouches qui se délectent des fientes des pèlerins et des restes de leurs proies.

 

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Ça donne le tournis!

La lumière est déjà dure mais c'est à présent que les jeunes deviennent vraiment actifs.

 

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Leur vue perçante capable de repérer un pigeon à plusieurs kilomètres combinée à des serres acérées et surtout à leur vitesse de vol (300 km/h en piqué) feront de ces jeunes des prédateurs redoutables. Ils ne subiront que la loi des hiboux grands-ducs ou des hommes : résidus de tir au fusil illégal et de braconnage pour la fauconnerie, dérangement par ignorance des escaladeurs et des parapentistes, photographes peu scrupuleux...).

 

Les populations de faucons pèlerins ont considérablement chuté dans le monde à partir des années 1960 notamment en raison de l'utilisation de pesticides chimiques, plus particulièrement le DDT, qui fragilisait la coquille des oeufs et engendrait une surmortalité des jeunes. Il a été interdit en France dans les années 1970 mais reste encore usité dans les pays en voie de développement. Depuis les années 1990, la courbe des naissances se rétablit. Pour plus d'infos, vous pouvez lire le roman En vol de l'Américain Alan Tennant aux éditions Gallmeister sur la migration d'un faucon pèlerin sur le continent américain suivie par un jeune naturaliste.

 

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Prise de bec.

 

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Toilettage et lissage de plumes. Le faucon pèlerin a des plumes très robustes capables de résister à de fortes pressions. Il se doit d'avoir plus que n'importe quel oiseau des plumes propres et lisses.

 

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Les jeunes se déplacent de rocher en rocher et se musclent les ailes.

 

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C'est le seul mâle de la portée et son plumage est plus avancé que celui de ses soeurs.

On reconnaît les faucons pèlerins juvéniles à leurs taches longitunales sur une poitrine couleur feuille morte. Les adultes ont des taches horizontales et la poitrine blanche.

 

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Notez la taille de l'oeil par rapport à la boîte cranienne. Si nous avions des yeux en proportion, peut-être pourrions-nous éviter la longue vue!

 

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Drôle de façon de regarder l'autre manger! Même s'il n'égale pas le hibou en la matière, le faucon a une capacité incroyable pour tordre les cous (le sien et celui de ses proies!). Cela lui permet d'avoir une vision de tout ce qui l'entoure, de repérer ses proies et le danger.

 

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La portée au complet. Les femelles sont plus grosses (d'un tiers environ) que les mâles, d'où l'appellation tiercelet. Plus tard, ce seront elles qui couveront et monteront la garde pendant que le mâle chassera pour alimenter toute la famille, du moins tant que les jeunes seront petits. Par la suite, les parents chasseront tous les deux pour subvenir à leur vorace progéniture.

 

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Le menu est souvent composé de pigeons, ce qui évite d'utiliser d'autres méthodes moins naturelles pour réduire les fortes populations de ces volatiles. Chaque jeune en mange un par jour (parfois même avec les plumes!) à cet âge où ils ont besoin de prendre un maximum de forces. Comme vous pouvez le voir avec cette patte baguée, et malheureusement pour les colombophiles, des pigeons voyageurs font aussi les frais de leur appétit...

 

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Touchant ce petit bisou, non?

 

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Ici, on voit bien la nette différence de gabarit entre la femelle nettement plus grosse à droite et son frère qui fait figure de freluquet à gauche. Cela se ressentira dans le choix des proies : les mâles attaqueront des passereaux aux pigeons quand la femelle rapportera jusqu'à des corneilles.

 

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Quand ils sont couchés à même la roche, immobiles, il est très difficile de les distinguer.

 

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Un petit battement d'ailes et on peut voir les restes de duvet qui ne vont pas tarder à se détacher.

 

 

Précision : ces photos ont été réalisées dans le respect des oiseaux.

 

 

 

 

 

 

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ManuRaw 01/07/2010 17:49



Très belle série.



Benoit Henrion 01/07/2010 21:11



merci!



michel 30/06/2010 23:04



Salut Benoit,


bravo pour ce superbe reportage.


On attend la suite avec impatience ...


Michel



Benoit Henrion 01/07/2010 08:40



merci michel! la suite en fin de semaine. j'espère que tu as pu voir des choses, les flamands au parc peut-être?



Cécile Ramaekers 29/06/2010 10:13



  j'ai l'impression de me répéter mais quelles sublimes, fantastiques photos !!! J'ADORE ! J'aime particulièrement
celles où il se "casse" le cou, où il se muscle les ailes, où on peut voir la différence de tailles entre les sexes, où il se font un bisou, où il se "prend le bec"...


Il est clair que si nous avions leur vision, bien des choses ne pourraient plus nous échapper (on ne pourrait plus dire "ah je ne l'avais pas vu ;) )
A vitesse comparable, je préfère nettement admirer un vol en piqué de pélerins que la formule 1 haha


Chez moi, à Bruxelles, ces rapaces extraordinaires s'en sortent plutôt bien au niveau nidification, de plus en plus de sites sont utilisés et ce, même en plein centre ville (St Gudule) où des
caméras ont même été installées pour suivre l'évolution et où un bus d'information et des gens sont mis à dispositions pour répondre aux questions des admirateurs. Mais je préfère de loin, le
site de vos photos (un peu plus naturel je vais dire).


Il est intéressant de décortiquer les restes des repas du pélerin...à Bxl, on a vu que le couple de la cathédrale apprécie les marouettes!!! Le rapace a plus de chances que nous de dénicher cet
oiseau rare! Mais cela dit, s'il figure au menu cela veut dire que cette espèce se porte aussi mieux qu'autrefois.


A bientôt et merci pour ces superbes images (et commentaires)



Benoit Henrion 29/06/2010 17:28



merci pour ce beau message plein d'encouragements! et c'est intéressant d'avoir des nouvelles des pèlerins belges et de leur menu!