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Bétails de min coin

Chouette effraie (Marquenterre)

30 Septembre 2014 , Rédigé par Benoit Henrion Publié dans #chouette effraie juvénile, #photos d'oiseaux, #Marquenterre, #Picardie, #Somme, #saule têtard

Chouette effraie (Marquenterre)

Grand moment d'excitation pour moi : c'est ma première vraie rencontre photographique avec une chouette effraie. Cet oiseau tient une place spéciale dans mon cœur car il me rappelle mes vacances d'enfance à la campagne. La vieille grange était habitée par un couple de chouettes effraies. Nous les entendions chuinter et les voyions partir en chasse les courtes nuits de juillet. J'en avais aussi recueilli une mourante et l'avais nourrie pendant quelques jours avec des rats attrapés par le chien de la ferme.

J'ai toujours eu une affection particulière pour cet oiseau. La chouette effraie est proche de l'homme; elle niche dans les granges, les églises, d'où son autre nom, effraie des clochers. Malgré cette proximité, elle a été longtemps, et jusqu'à une période récente, persécutée et clouée aux fronton des granges par superstition ou croyance religieuse. Les oiseaux de nuit étaient associés au diable et aux maléfices divers et variés qui pullulent dans la tête de l'homme.

Les rapaces nocturnes sont pourtant de précieux aides aux agriculteurs par le nombre important de rongeurs qu'ils déciment aux alentours des exploitations.

Chouette effraie (Marquenterre)

Jusqu'à présent, j'ai toujours manqué mes rendez-vous photographiques avec la Dame Blanche, un autre nom qui caractérise bien cette chouette. Bien qu'elle soit assez répandue, elle a des mœurs nocturnes et il n'est pas si facile de la voir de jour. Dans les granges et les clochers, elle est très souvent blottie en hauteur dans une position de camouflage.

J'ai la chance d'avoir un ami qui a chez lui (mais que n'a-t-il pas ?!) un couple de chouettes effraies. Les chouettes ont eu une première nichée dans un nichoir installé sous le toit. Les jeunes sont devenus volants début juillet mais je n'ai pu alors me rendre sur place.

Découverte il y a quelques jours : il y a une deuxième nichée avec des jeunes d'un mois-un mois et demi dans le saule têtard du jardin !

Les jeunes étant naturellement curieux, ils n'hésitent pas à venir à la lucarne pour observer le monde extérieur. Pour moi qui ne maîtrise que très mal le flash et la prise de vue nocturne, c'est du pain béni !

On peut voir le duvet blanc qui recouvre encore la poitrine de cette jeune chouette effraie.

Chouette effraie (Marquenterre)

Regard en coin vers une poule qui passe en contrebas.

Chouette effraie (Marquenterre)

Tiens, mais il y a du monde là-dedans ! J'ai appris par la suite qu'il y avait au moins cinq jeunes (il y avait eu trois jeunes lors de la première couvée).

Les chouettes effraies ont souvent de deux à trois couvées (si la météo est clémente et si la présence de micro-mammifères en nombre est suffisante) avec 5 jeunes. Le taux de mortalité la première année étant très élevé (notamment en raison des collisions avec les voitures), les chouettes effraies compensent par un fort taux de natalité (un peu comme les martins-pêcheurs) pour permettre la survie de l'espèce.

Chouette effraie (Marquenterre)

En Europe, la chouette effraie est liée aux pays tempérés. Elle est absente des pays scandinaves et de Russie. Plus d'info sur Wikipédia.

Elle affectionne les milieux ouverts. Même si elle est très répandue, la chouette effraie décline partout en Europe. Les raisons sont l'utilisation des pesticides, la détérioration de son habitat, l'obstruction des granges et des clochers (à la base pour lutter contre les pigeons mais qui l'empêche de nidifier), les collisions, l'électrification, etc.

Chouette effraie (Marquenterre)

Anciennement, un couple de chouettes effraies nichait dans un saule têtard à l'état naturel.

Ici, le propriétaire des lieux a installé un nichoir artificiel dans un saule de son jardin. Il a placé devant l'entrée du nichoir un reste d'écorce photogénique d'un autre vieux saule pour la prise de vue.

Chouette effraie (Marquenterre)

Les prédateurs naturels de la chouette effraie sont la martre, la fouine, le chat et le renard.

Les mustélidés peuvent faire un carnage s'ils repèrent le nid quand les jeunes sont petits.

Chouette effraie (Marquenterre)

Bâillement où l'on peut distinguer la langue de la chouette effraie.

Chouette effraie (Marquenterre)

Je suis très content d'avoir vu les jeunes. Voir les adultes est une autre paire de manches. Ils sont très méfiants, surtout quand il y a des jeunes.

Chouette effraie (Marquenterre)

On peut voir ici le beau plumage roux qui caractérise la chouette effraie. J'espère pouvoir observer une chouette à l'extérieur du nichoir pour voir l'ensemble de son plumage.

Chouette effraie (Marquenterre)

La chouette effraie sous un autre angle : elle regarde au-dessus d'elle et dévoile une gorge très duveteuse.

Chouette effraie (Marquenterre)

Le disque facial de la chouette effraie est blanc et en forme de cœur. On peut voir aussi sur cette photo à quel point la chouette peut tourner sa tête. Ses yeux étant fixes, elle compense (sans torticolis) par une flexibilité extrême de son cou.

Chouette effraie (Marquenterre)

Le plumage de la chouette effraie est très duveteux. C'est une des raisons pour laquelle son vol est silencieux. La frange de l'aile est aussi faite pour absorber les frottements de l'air et les turbulences, rendant son vol inaudible pour ses proies.

Chouette effraie (Marquenterre)

La chouette effraie a la taille d'une corneille. Malgré cela, elle peut être en concurrence avec la chouette hulotte qui peut prédater ses jeunes.

Bonne nuit, enfin, bonne journée avant de nouvelles aventures !

Chouette effraie (Marquenterre)

Pour réaliser ces photographies, je dois encore remercier le propriétaire des lieux, Pascal, sans lequel rien n'aurait été possible.

Une fois les chouettes détectées, encore faut-il pouvoir prendre des photos sans être vu. Approcher un affût signifie le retrait des jeunes chouettes dans le fond du nichoir pour quelques heures, voire toute la journée. En s'approchant du saule sans être vu, protégé par un bâtiment, le propriétaire a décalé avec mille précautions une simple échelle affublée de toile de camouflage tenue par des pinces à linge. L'objectif était maintenu par les barreaux de l'échelle et déjà monté sur un trépied.

Moi, je sirotais ma bière et je n'ai plus eu qu'à me glisser derrière l'appareil photo. Trop facile la photo animalière !

Chouette effraie (Marquenterre)

Le saule têtard, hôte du nichoir à chouettes effraies.

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Martin-pêcheur (Marquenterre)

27 Septembre 2014 , Rédigé par Benoit Henrion Publié dans #martin-pêcheur, #photos d'oiseaux, #Somme, #Marquenterre, #Picardie, #larve de libellule

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Martin-pêcheur femelle juvénile avec une de ses prises favorites (du moins quand je suis là !) : une larve de libellule.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Sur un poste de guet.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Les relations de Martine avec ses congénères (2 jeunes mâles ont été aperçus sur cette mare) se sont pacifiées. Je n'ai plus revu les attitudes d'intimidation et les courses-poursuites de début septembre.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Atterrissage.

Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)

Tel un hoche-queue, Martine levait de temps en temps sa toute petite queue.

Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)

Belle gorge blanche.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Comme pour les poissons, Martine assomme la larve de libellule avant de l'avaler tout rond.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Gloups !

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Hiératique sur son perchoir.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Que ce soit pile ou face, le martin a un plumage de toute beauté.

Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)

Tiens, une fois n'est pas coutume (avec moi), Martine remonte un poisson.

Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)

Bye

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Martin-pêcheur (Marquenterre)

17 Septembre 2014 , Rédigé par Benoit Henrion Publié dans #martin-pêcheur, #femelle juvénile, #intimidation, #photos d'oiseaux, #Somme, #Marquenterre, #Picardie

Martin-pêcheur (Marquenterre)

J'ai eu la chance d'assister une deuxième fois à ce comportement de Martine écartant les ailes. La raison en est simple : c'est une attitude d'intimidation envers un jeune mâle qui ose empiéter sur son territoire. Le bec ouvert est aussi un signe d'agressivité chez le martin-pêcheur.

C'est vraiment un coup de pot. Dire que d'aucuns prétendent que je suis malchanceux ! C'est aussi une question de placement du photographe. On peut très bien assister à la scène et choisir un mauvais emplacement qui ne permette pas d'immortaliser la pose. Enfin, je laisse à sa frustration quelqu'un (pas si chanceux que ça) qui se reconnaîtra.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Martine assomme une larve de libellule avant de la gober.

Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)

Petite plume bleue qui s'envole après un toilettage, suivie des yeux par Martine.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Une fois assommée, la larve de libellule est renvoyée d'un coup de bec maîtrisé dans le gosier.

Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)

Pour se faire plaisir à nouveau, l'intimidation de Martine à Martin. Si le mâle reste cantonné dans le secteur, il se fera promptement dégager à chaque apparition. Au printemps prochain, Martine est susceptible de changer d'avis et de s'accoupler avec celui qu'elle a chassé pendant des mois. Ah, les femmes... :-)

Martin-pêcheur (Marquenterre)

La larve de libellule est gobée en deux coups de cuiller à pot.

Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)

Attitude longiligne typique de l'agressivité et de l'intimidation. Madame ne s'en laisse pas compter. C'est elle qui défend son territoire. Pas besoin de la protection d'un mâle !

Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)

Grattage de cou.

Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)

Tiens, encore une larve de libellule.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Martine est plus à son avantage de profil que de face !

Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)

Bye.

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Martin-pêcheur (Marquenterre)

12 Septembre 2014 , Rédigé par Benoit Henrion Publié dans #martin-pêcheur, #femelle juvénile, #photos d'oiseaux, #Marquenterre, #Somme, #Picardie, #intimidation

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Retour à la mare du martin-pêcheur. C'est toujours la même femelle juvénile qui occupe les lieux. J'ai eu une chance extraordinaire (une fois n'est pas coutume) : le martin-pêcheur étire ses ailes l'espace d'une seconde tel un cormoran séchant ses ailes après une plongée. J'ai souvent pu observer des martins-pêcheurs mais je n'avais jamais vu un tel comportement*.

*J'ai pu comprendre lors d'une observation ultérieur la raison de ce comportement : il s'agit d'une intimidation. Suite au prochain numéro.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Toilettage sur piquet.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Martine jetait souvent un coup d’œil à Martin, un jeune mâle un peu plus âgé aux couleurs plus vives. Je les ai vus se courser mais jamais se poser l'un à côté de l'autre. J'espère voir cette scène pour ma prochaine rencontre avec eux.

Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)

C'est la seule fois que j'ai vu le martin-pêcheur remonter une proie ce matin-là, une larve de libellule. Généralement, les martins-pêcheurs sont friands d'épinoches, de petits poissons très épineux dont ils rejettent ce qu'ils ne peuvent digérer sous forme de pelote.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Un hôte assez inhabituel des barbelés.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

La merlette chasse Martine.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Il semble que la femelle observée soit beaucoup plus attachée à son territoire (cette mare et les fossés alentours) que le mâle que je n'ai pas encore vu se poser.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Tiens, un mâle a réussi à se poser sur les terres, enfin les eaux, de Martine. On peut voir les gouttes d'eau perler sur son plumage après une plongée. Les plumes du martin-pêcheur ne sont pas imperméables comme celle des canards. Il doit soigneusement prendre soin de ses plumes. Le toilettage lui prend une part non négligeable de sa journée.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Le bec effilé en forme de poignard.

Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)

Gorge blanche pour mâle et femelle et mandibule inférieure orange pour la dernière (noire chez le mâle comme ci-dessus).

Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)

Les martins-pêcheurs étaient actifs de 7h à 10h du matin puis disparaissaient. Peut-être allaient-ils se reposer au fond d'un terrier avant de réapparaître dans l'après-midi.

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Chouette chevêche (Marquenterre)

10 Septembre 2014 , Rédigé par Benoit Henrion Publié dans #chouette chevêche, #photos d'oiseaux, #Marquenterre, #Somme, #Picardie

Chouette chevêche (Marquenterre)

Nouvelle rencontre avec le couple de chouettes chevêches que je suis depuis quelques années. Plusieurs heures de repérage et d'affût ont été nécessaires pour ces photos.

Non, je blague! J'ai pu prendre ces clichés grâce à l'hospitalité et à la grande connaissance du terrain du propriétaire des lieux. Il connaît parfaitement les habitudes du petit rapace.

Chouette chevêche (Marquenterre)

Nous voilà donc embarqués en voiture dans la pâture à la recherche de la chouette chevêche, bien cachée dans les saules durant la journée. Elle est quasiment indétectable. Saurez-vous la retrouver dans l'arbre ? Dites-vous qu'il y a des dizaines de saules comme celui-ci dans la pâture et vous comprendrez la difficulté de la recherche !

Chouette chevêche (Marquenterre)

La chouette chevêche est très confiante dans son camouflage et se laisse approcher relativement près en voiture. Il n'est pas facile de la détecter et il faut caler la voiture au centimètre près pour ne pas avoir trop de branches et de brindilles dans l'axe.

Chouette chevêche (Marquenterre)

Elle est intriguée par notre présence mais pas effarouchée car la présence humaine dans la pâture est relativement fréquente (déplacement des vaches, bûcheronnage).

Chouette chevêche (Marquenterre)

Il ne reste plus que les adultes. Les jeunes sont partis ou bien ont été chassés par les parents pour trouver à quelques kilomètres un autre territoire.

Chouette chevêche (Marquenterre)

Ce ne sera pas une tâche facile pour les jeunes chouettes car le biotope qu'elle affectionne (pâtures bordées de saules têtards ou de vieux pommiers) est en forte régression en raison de l'agriculture moderne. L'élevage n'a plus la cote, les haies nécessitent de l'entretien et les produits agricoles déciment les gros insectes dont elle se nourrit (il lui reste heureusement les rongeurs et les amphibiens).

Chouette chevêche (Marquenterre)
Chouette chevêche (Marquenterre)
Chouette chevêche (Marquenterre)
Chouette chevêche (Marquenterre)

Les chouettes seront un peu erratiques pendant l'hiver. Elles iront dans les pâtures environnantes puis reviendront nicher dans le coin comme chaque année.

Prochain défi : pouvoir observer un accouplement au printemps prochain. Avec un peu de chance, qui sait ?

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Martin-pêcheur (Marquenterre)

9 Septembre 2014 , Rédigé par Benoit Henrion Publié dans #martin-pêcheur, #Marquenterre, #photos d'oiseaux, #Picardie, #Somme

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Jeune femelle martin-pêcheur. La mandibule inférieure du bec est légèrement orange. L'oiseau est moins coloré qu'un adulte. La femelle adulte présente une mandibule d'un orange beaucoup plus soutenu.

Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)
Martin-pêcheur (Marquenterre)

Le martin-pêcheur est venu se poster tout près de moi, quasi à la distance minimale de mise au point, d'où la très faible profondeur de champ.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

J'étais venu sous les conseils (très chers) d'un ami qui m'avait vanté la présence sur ce piquet de faucon hobereau, pic vert, pic épeichette, faucon crécerelle, coucou, etc...A peine si les chevreuils ne venaient pas non plus se poser dessus !

Il dira après que je suis malchanceux...

Martin-pêcheur (Marquenterre)

L'oiseau a choisi une mare récemment dégagée de ses nombreux phragmites, ce qui lui ouvre des zones de pêche.

On peut voir que le pic vert rend visite au poteau sur lequel le martin est posé.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

L'apparition du martin-pêcheur est récente. Il est probable que ce jeune oiseau de l'année cherche un territoire après avoir quitté (ou avoir été chassé par) ses parents.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Le bec en forme de harpon vu de face.

Martin-pêcheur (Marquenterre)

Bye.

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Héron cendré (Marquenterre)

8 Septembre 2014 , Rédigé par Benoit Henrion Publié dans #héron cendré, #Marquenterre, #Somme, #photos d'oiseaux, #Picardie

Héron cendré (Marquenterre)

Héron cendré qui mulote dans un champ fauché. Les rongeurs sont alors à la vue et à la merci des rapaces, goupils et autres échassiers comme les hérons cendrés, les cigognes noires ou les cigognes blanches.

Héron cendré (Marquenterre)
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Hibou Grand-Duc (Massif ardennais)

5 Septembre 2014 , Rédigé par Benoit Henrion Publié dans #Hibou grand-duc, #massif ardennais, #Ardennes, #rapace nocturne

Hibou Grand-Duc (Massif ardennais)

C'est une rencontre toujours impressionnante. Le hibou grand-duc est le plus gros des rapaces nocturnes d'Europe. Je l'avais rencontré l'an passé avec l'ami JP alias l'enragé du grand-duc. Nous avions eu la chance d'approcher sans camouflage un jeune grand-duc à moins de 20 m (les photos ici).

Cette année, les hiboux sont encore au rendez-vous. Dans le milieu forestier, il est très difficile de trouver l'aire. Difficile de voir où les adultes atterrissent, difficile de repérer les fientes, les pelotes de réjection. Tellement difficile que l'ami JP, tout enragé qu'il est, n'a pu, une fois les jeunes bien grands et volants, localiser le nid, Même en arpentant la montagne de bas en haut et de droite à gauche. Au final, on n'a pu localiser les hiboux uniquement grâce aux chuintements des deux jeunes quémandant de la nourriture à leurs parents.

Les photos qui vont suivre ne sont pas des photos et ne sont pas de moi. Ce sont des captures de vidéos prises par l'ami JP. Pourquoi les mettre sur le blog ? Parce que j'ai tenté l'approche des hiboux à plusieurs reprises en sa compagnie. Même si je n'ai pu les prendre en photo, je les ai vus et entendus et je voulais partager ces moments avec vous.

Ici, un adulte pris en pleine journée pendant un bain de soleil. La prise de vue est acrobatique. Le vidéaste est en plongée par rapport au grand-duc adulte. Il est assis dans les fougères et ne doit pas dépasser la tête pour ne pas être repéré. Seule la caméra dépasse. Autant dire que la visée est des plus périlleuses, surtout sans trépied!

Hibou Grand-Duc (Massif ardennais)

Nous avons tous les deux pu approcher un jeune qui chuintait à moins de 30 m sans être repéré malgré le matériel, les feuilles et le terrain accidenté et très pentu. Franchement, je suis bien content d'avoir vécu ça pour le croire. Nous nous sommes guidés au chuintement. Après avoir attaqué la montagne par le bas sans succès, nous l'avons contourné par le haut. Le jeune, déjà de la taille d'un adulte en cette mi-août, nous tournait le dos. Le cœur haletant par la descente périlleuse avec du matériel lourd, plus l'adrénaline! je me pose à 30 m du hibou derrière un chêne. Pendant deux longues minutes, je l'observe tout en tirant doucement la fermeture éclair de mon sac à dos pour en sortir le téléobjectif. Arf... L'oiseau s'envole à ce moment-là sans même avoir tourné la tête et va se poser 40 m plus loin sans nous avoir vus, c'est une quasi certitude.

L'image ci-dessus a été prise par un matin de brouillard aux alentours de 8H. Le hibou adulte reste impassible sur son chêne. J'aurais aimé vivre ça ! C'est râpé pour cette année. Vivement l'an prochain !

Hibou Grand-Duc (Massif ardennais)

Image tournée une fois encore sans affût. Le hibou est venu sur la corniche. Un jeune viendra se poser pour réclamer de la nourriture.

Hibou Grand-Duc (Massif ardennais)

Bain de soleil pour le hibou grand-duc. Et un grand merci à JP de m'avoir autorisé à utiliser ses prises de vues pour le blog.

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Vesse-de-loup perlée (massif ardennais)

4 Septembre 2014 , Rédigé par Benoit Henrion Publié dans #vesse-de-loup perlée, #massif ardennais, #champignon, #Ardennes

Vesse-de-loup perlée (massif ardennais)

Vesse-de-loup perlée dans un écrin photogénique, une vieille souche ourlée de lichens.

Ce champignon est comestible quand il est jeune (homogène et blanc). Quand il vieillit, il jaunit et se couvre de spores poudreuses vert-olive et n'est plus consommable (comme c'est le cas sur la photo).

Vesse-de-loup perlée (massif ardennais)

Cette sympathique découverte s'est faite durant une séance d'approche au hibou grand-duc, mais ceci est une autre histoire...

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Castor européen (Vallée de la Meuse)

3 Septembre 2014 , Rédigé par Benoit Henrion Publié dans #castor européen, #photos d'animaux, #Ardennes, #Vallée de la Meuse, #bièvre, #rongeur, #Olivier Rubbers

Castor européen (Vallée de la Meuse)

Ma première rencontre avec le castor européen en vallée de la Meuse (Ardennes).

J'embarque avec un ami qui étudie le castor depuis plusieurs années déjà. Nous montons à bord de son canot pneumatique. Même s'il le surnomme "l'Insubmersible", j'avoue que je ne suis pas très rassuré. Avec le vent qui se lève en cette fin de journée, nous sommes ballotés par les flots et j'appréhende de prendre le bouillon avec tout mon matériel qui irait s'enfoncer par plus de 10 m de fond.

Le castor européen, encore appelé bièvre* au Moyen- Age, est un gros rongeur semi-aquatique à queue plate qui a failli disparaître d'Europe à la fin du XIXème siècle. En effet, il était chassé pour sa fourrure, sa viande (à l'époque où le carême était pratiqué, il était considéré comme poisson) et pour son castoréum (sécrétion huileuse très odorante). Secrété par des glandes du castor, le castoréum a une fonction de signalisation chimique de l'animal et d'imperméabilisation du pelage. Cette substance est connue depuis l'Antiquité. Elle a servi en parfumerie et à des fins thérapeuthiques. Elle a aussi servi d'appât dans la chasse aux gros prédateurs comme le lynx, le loup, le glouton par les trappeurs et les Amérindiens.

Nous naviguons vers la hutte de la famille castor et peu après 19H, un jeune castor né l'année dernière sort la tête de l'eau. Il nous repère mais vient casser la croûte à moins de 10 m du canot comme si de rien n'était. Nous ne verrons malheureusement pas d'adultes au cours de cette sortie. Seuls les jeunes se montreront.

*Le mot bièvre a connu dans les années 1980 une petite notoriété. Il existe en effet à Paris une rue de Bièvre où habitait François Mitterrand.

Castor européen (Vallée de la Meuse)

Le castor européen est le plus gros rongeur d'Europe. Il pèse une vingtaine de kilos (exceptionnellement 30 kg) et ne doit pas être confondu avec le ragondin ou le rat musqué.

Si le premier est strictement protégé, les deux derniers sont classés nuisibles pour les dégâts occasionnés aux berges. Le castor européen bénéficie d'un programme de protection et de suivi de l'ONCFS et de l'INRA. Vous aurez accès à des études de ces deux instituts sur le castor européen en cliquant sur les liens.

Comment donc expliquer la réapparition du castor européen alors qu'il avait pratiquement disparu du vieux continent? Il faut revenir à la fin du siècle dernier, en 1999-2000.

Un naturaliste belge, Olivier Rubbers, aurait organisé une réintroduction illégale (non autorisée par les pouvoirs publics et désapprouvée par certaines associations) de 101 castors européens capturés en Allemagne. Ces castors sont de souche française. En effet, les seuls castors européens ayant survécu à la chasse sont ceux du delta du Rhône. Il avaient été préservés en raison des difficultés d'accès naturelles du terrain. Certains de ces castors avaient été prélevés pour y être introduits en Allemagne. C'est donc un retour à l'envoyeur qui s'est opéré. Ces castors sont bien de souche européenne.

Cette centaine de castors européens a été lâchée sur des cours d'eau en Belgique (aux frontières française et néerlandaise) et probablement en France-même vu la rapidité de la colonisation qui a suivi.

J'ai même eu écho d'un projet de lâcher avorté qui devait avoir lieu sur le Viroin (affluent de la Meuse dans les Ardennes françaises).

Aujourd'hui, on retrouve le castor à Charleville-Mézières et dans le nord de l'Aisne.

Castor européen (Vallée de la Meuse)

Nullement impressionné, le castor a nagé tranquillement en passant tout près du canot pour venir nous sentir. Vous pouvez voir de longs poils dépasser de sa tête. Ils sont appelés vibrisses. Ils lui servent à détecter les changements de débit sur les cours d'eau. Le castor construit une hutte (qui peut atteindre 3m de hauteur) dont l'entrée doit rester immergée. Il se préserve aussi une hauteur minimale de 60 cm d'eau pour se déplacer dans la rivière.

Le castor européen est pourtant beaucoup moins bâtisseur que son cousin américain connu pour ses gigantesques barrages. Sur la Meuse, point de barrage. Sur les cours d'eau secondaires en revanche, les barrages sont assez nombreux.

Pourquoi cette différence ?

Le castor américain subit un hiver plus long et plus rigoureux. Il a donc un accès aux herbacées beaucoup plus limité dans le temps. Il doit donc se rabattre sur les écorces des arbres pour se nourrir. De plus, les longues et fortes périodes de gel l'obligent à maintenir une hauteur en eau plus importante. Il lui faut donc des zones humides bien noyées qu'il obtient en construisant des barrages (et donc en abattant des arbres). La rigueur du climat nord-américain et la présence de nombreux prédateurs absents d'Europe (loups, ours, lynx, etc) expliquent sans doute que le castor américain soit beaucoup plus plus prolifique que le castor européen (4 à 6 petits en moyenne pour l'américain contre 2 pour l'européen).

Castor européen (Vallée de la Meuse)

Le castor européen est essentiellement nocturne. En ce mois d'août, les castors sortent néanmoins de leur hutte un peu après 19H Nous pouvons donc profiter de la lumière de fin de journée.

Le territoire du castor européen s'étend sur 3 km de rivage. Il peut être ramené à 2 km sur la Meuse en raison de l'augmentation de sa population. En effet, il cherche des territoires propices à son installation et raccourcit son territoire si besoin. Il commence à coloniser la Semois en Belgique dont les fonds plus rocailleux lui conviennent moins.

Le castor européen n'aime guère s'éloigner de plus de 30 m du rivage car il y est beaucoup plus vulnérable que dans l'eau. Les prédateurs peuvent l'entendre ronger l'écorce des troncs et il a besoin de regagner rapidement l'élément liquide. Pour se nourrir, il affectionne donc les arbres qui se trouve à proximité du cours d'eau. Il apprécie plus spécialement dans les Ardennes les saules, les peupliers tremble, puis en second choix les bouleaux, noisetiers et aulnes. Occasionnellement, il se nourrit de chêne mais c'est un arbre qu'on retrouve peu en bord de Meuse (mais plus près de petits cours d'eau).

Il apprécie aussi beaucoup la reine des prés, une spirée (plante herbacée dont les fruits sont en spirale) qui contient comme le saule de l'acide salicylique. Cet acide a des vertus analgésiques et antiseptiques. La reine des prés permet de synthétiser l'aspirine. Voilà donc un animal qui n'aura pas souvent mal au crâne!

Castor européen (Vallée de la Meuse)

La réintroduction du castor a été repoussée en raison des désagréments occasionnés pour les propriétaires privés de berges. En effet, il est assez désagréable de retrouver son chêne ou son fruitier grignoté et abattu et enfin emporté à la hutte un petit matin.Il existe des procédés pour protéger les arbres avec du grillage mais il faut reconnaître que ce n'est pas très esthétique.

Pourtant, le castor a une fonction importante dans la gestion des cours d'eau et des crues.

En coupant les arbres en bord des rives, il permet l'entretien des berges. En effet, il coupe les arbres à hauteur de castor en préservant le système racinaire. Ceci permet de garder la terre et de maintenir la berge (contrairement au ragondin qui détruit les berges en y creusant son terrier). Depuis la disparition du castor, on a pu s'apercevoir que la berge souvent non entretenue (celle opposée au chemin de halage) subissait de gros dommage lors des crues : déracinement avec perte de la terre et de la berge, troncs dérivant sur la Meuse, et donc apport de matière réduisant la hauteur d'eau du fleuve.

Lorsqu'un castor prélève un arbre en bord de rive, il s'agit souvent d'un saule ou d'un aulne qui rejette et repousse en buisson, ce qui permet à l'arbre de continuer à vivre et sauvegarde la berge. Quelques années plus tard, quand il aura repoussé, le castor reviendra lui rendre visite à coup d'incisives.

Castor européen (Vallée de la Meuse)

La famille du castor européen est formée de deux adultes, de deux jeunes nés à la mi-mai et des deux jeunes nés l'année passée. Quand ces deux derniers auront presque deux ans en mars, ils partiront d'eux-mêmes ou bien seront chassés par leurs parents pour chercher leur propre territoire.

Castor européen (Vallée de la Meuse)
Castor européen (Vallée de la Meuse)
Castor européen (Vallée de la Meuse)

Le castor européen est le "frère" du castor américain. En fait ils se ressemblent beaucoup et ne peuvent être différenciés que par des analyses génétiques.

Castor européen (Vallée de la Meuse)
Castor européen (Vallée de la Meuse)
Castor européen (Vallée de la Meuse)

Les jeunes castors sont souvent venus nous approcher, parfois à moins d'un mètre du canot, l’œil toujours rivé sur nous.

Castor européen (Vallée de la Meuse)
Castor européen (Vallée de la Meuse)
Castor européen (Vallée de la Meuse)
Castor européen (Vallée de la Meuse)
Castor européen (Vallée de la Meuse)
Castor européen (Vallée de la Meuse)

L'antre du castor. Sa hutte se situe non loin de là mais l'amoncellement de branches était tellement dans l'ombre et caché derrière les buissons que je n'ai pu le photographier.

Castor européen (Vallée de la Meuse)
Castor européen (Vallée de la Meuse)
Castor européen (Vallée de la Meuse)

Un grand merci à JP qui a ramé comme un damné pour que je puisse faire ces photos et qui m'a donné toutes les informations sur ce sympathique rongeur.

Castor européen (Vallée de la Meuse)

Pour finir la queue du père castor. La berge était tellement envahie de végétaux que je n'ai pas pu le photographier en entier.

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